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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 00:00
C'est moi le bouquiniste du quai des Grands Augustins. Press-books, théâtres,  story-boards, vieux plans,  biographies, romans, photos, romans-photos. J'aime tout. La Pléiade sous plastique, BHL en poche, Hitchcock, Truffaut, les entretiens, ... Je vends de tout. Suffit de demander.



Mais en ce moment, je vends pas grand chose. Alors je lis. Je lis de tout. Ou plutôt je relis. Je relis tout.


Aujourd'hui c'est Beigbeder, l'égoïste Romantique.
"Bonsoir les choses d'ici-bas" ? J'ai ma petite idée là-dessus. Je pense que Larbaud faisait semblant d'être malade. En réalité il ne voyait rien d'autre à dire d'intéressant. Il avait écrit les plus belles poésies, les plus magnifiques romans sur les jeunes femmes, il avait voyagé, il était fatigué, alors il restait assis chez lui. Il ne radotait pas du tout : simplement, "Bonsoir les choses d'ici-bas" lui paraissait la phrase ultime, celle qui résume tout, la vie, la mort, la beauté du monde, les oiseaux, les fleurs, les forêts, le cul, le fric, la course du temps, les joies et les douleurs, et qu'un jour, tout cela va nous être enlevé. Je vois la trajectoire de Valery Larbaud comme celle de l'écrivain parfait : il faut noircir beaucoup de pages toute sa vie à la recherche d'une seule phrase..."Dites, vous savez où je peux prendre le RER à Saint-Michel?"
"Bonsoir les choses d'ici-bas."
"Quoi ça?"
"..."

J'aime tout.
Sauf peut-être les gens d'ici-bas..., et, le jour où on l'a trouvée, il ne faut plus jamais en prononcer une autre.
"Bonsoir les choses d'ici-bas" est la phrase d'une vie.


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Published by Ugo
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