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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 00:00
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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 00:00

Les préliminaires avec les doigts, les odeurs qui reviennent, le son de la pluie sur la vitre sont déjà ce qu'il y a de plus agréable. Bien sûr, pour préserver le statut préalable de cette phase, on se dit que le meilleur est à venir, mais au fond on sait. On se trompe délicieusement l'esprit.

Après, les quartiers ne font que se consumer dans le sens des aiguilles d'une montre. C'est la fatalité des derniers stades: ils sont définis dans le temps et au bout il y a la fin. On croit qu'il y a une autre moitié mais non, on a dans la bouche le dernier morceau du cadran.


P1010979.JPG

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 00:00
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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 00:00

Lucy et Lucie partent à 13 ans pour la première fois en voyage scolaire. 13 Ans, c'est aussi l'âge auquel on a le droit de s'inscire sur Facebook.

Lucy part pour Paris. Lucie pour Londres.

Elles ont éprouvé ce sentiment nouveau depuis quelques mois, l'une et l'autre ont pris de l'avance sur leur âge : une mini-dépression face à l'étalage de tant de win sur Facebook. Une vague de sur-moi qui les submerge, elles qui sont juste elles. Bien sûr, elles sont trop timides pour confesser cette faiblesse. Mais quelque-chose leur dit que beaucoup de leurs amis sont dans la même situation bancale.

Lors de ce voyage, quelque-chose va les rassurer. En fait, c'est déjà dans le car qu'elles comprennent.

Lucie et Lucy comprennent que Napoléon, comme leurs amis, comme elles, exposent les bonnes nouvelles et oublient les mauvaises. Ils exposent leurs victoires et chassent leurs défaites.

Ainsi, la Place de Wagram, la Gare d'Austerlitz, la rue d'Aboukir, le pont d'Iena, l'Hôtel Montebello.

Ainsi, Waterloo Road et Trafalgar Square.

MetroPyramides.jpeg

Okay, Napoléon était quand même un winner.

 

 


Source image: le Métroplisson, Janol Apin

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 00:00
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 00:00

Partout, selon lui, une femme et un homme dorment.

Un foyer, des bougies, une femme et un homme dorment

Téléphone, près du lit, une femme et un homme dorment.

S'il y avait une réalité autre, ce serait ailleurs, sous d'autres fuseaux horaires, où et quand une femme et un homme ne dorment pas.

Leurs peaux de velours, éclairage ocre sur leurs fronts.

Ils dorment et ne se doutent pas, que dehors, fleurissent les années 70.

 

Il ne s'en doute pas.

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 00:00
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 00:00

Depuis qu'ils s'étaient retrouvés à 15h30 près du musée, ils avaient tenté de trouver un moyen de se rapprocher. Mais à chaque fois, l'autre ne voulait pas que ça aille trop loin, trop vite. Trop près, trop tendre.

 

Il lui a proposé de se serrer sur le même morceau de banc, devant la projection du film sous-titré où tous les personnages regardaient le ciel mais où le spectateur ne voit jamais le ciel. Ils se sont serrés et c'est tout, il y a eu le contact mais rien n'a avancé.

Elle a insisté pour qu'ils fassent la queue pour essayer ensemble le miroir numérique. Ils se sont mis face à face à quelques centimètre d'écart, ça leur a permis de voir la peau l'un de l'autre, les yeux, le début du nez, très net. Ils sont restés silencieux, leurs mains étaient pendues à leurs bras respectifs, sages, un peu tremblantes.

 

Ils avaient passé un bon après-midi, il faisait déjà sombre quand ils sont sortis. Il venait de neiger et il n'y avait peut-être plus de bus. Ils n'ont pas vérifié, ils ont mutuellement pris le risque d'aller boire un verre et manger un bout. Lui ne pourrait certainement pas rentrer après ça. Elle pourrait l'héberger naturellement.

 

En se disant bonne nuit, installé sagement sur le dos, chacun son oreiller, chacun ses sous-vêtements, il a senti qu'il devait faire un geste de plus. Qu'il devait inventer un dernier prétexte.

 

Il lui a dit "et si on se disait bonne nuit comme les esquimaux?". Elle était d'accord, il ont approché leurs visages, pas leurs jambes, pas leurs mains, sur le bord de chacun des oreillers, à quelques centimètres d'écart. Ils étaient flous l'un pour l'autre.

Elle a fait un dernier mouvement en avant pour se dégager de son oreiller et approcher son nez. Leurs nez se sont touchés, touchés, touchés. Leurs yeux se sont mis à briller. Ils ne se sont rien dits, ils ne se sont pas embrassés. Ils se sont dits que c'était le niveau d'intimité juste.

 

Est-ce qu'il se passera quelque-chose d'autre ensuite? Ils savent juste qu'ils sont proches, que leurs visages sont proches. Qu'ils vont bien.

 

P1020664.JPG

 

 


Image: How Do You Go

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 00:00
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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 00:00

Papa, comme cette vie passe vite.

C'était hier. Ta gourmette qui se secouait tranquille au col du Grand Bœuf. Tes lunettes de soleil. Ton épaule qui faisait des allers-retours saccadés sur la moulinette, puis ton coude qui se posait sur le caoutchouc de l'encadrement de la portière, tu venais d'agrandir la 204. L'air entrait dans notre microcosme, à toi et ton fils.

Bientôt Carpentras.


Papa, je me sens pas capable.


Tu m'as dit qu'il ne fallait pas faire d'enfants sans réfléchir. Tu m'as aussi dit que c'était pas rien d'être amoureux. Tu m'as dit que c'était comme planter un arbre, puis tu m'as dit que non, enfin tu ne savais pas trop. Tu m'as dit que j'étais le plus bel arbre que tu connaissais. Puis tu n'as rien dit. On a croisé des camions puis on s'est remis à jouer aux devinettes.


C'est pas demain Papa, c'est pas bientôt qu'on aurait pu t'appeler Papy.


En attendant, je suis mal. Quand je fais, je ne suis pas. Quand je suis, je ne fais pas. Quand je fuis, je ne sais pas pourquoi. J'étais pas bien avec elle, je suis pas bien sans elle. Je suis bien avec personne, je suis pas bien sans personne.

 

Allô Papa bobo.

 

Ca m'a rendu malade son projet de construction de maison. Vraiment malade, genre à vomir au milieu de la nuit et à chialer sur le chemin du bureau. Et là la salle de bain, et là le vestibule parce que quand même. Elles nous avaient rien demandé ces pierres, pourquoi on les prendrait pour faire notre maison hein? Pourquoi faudrait qu'on mette les mains dedans? Qu'on habite dedans. Qu'on utilise de la matière pour tracer un sillon dans ce monde.


Elle est plus là. Tu es plus là. Je vais pas mieux.

 Bon, il reste quoi maintenant qu'il reste plus que moi?

Il reste les jours.


Cette vie sera longue.


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Image: Adieu et à demain

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