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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 00:00
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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 00:00

Ce qui me pèse c'est pas ça.

C'est pas la trace de ta morsure sur ma lèvre qui reste. C'est pas l'image de tes grands yeux fébriles, qui ne tiennent qu'au fil que je coupe. C'est pas le souvenir de la consistence du glissement de ta peau contre la mienne. C'est pas retourner dans ton quartier pour autre chose. C'est pas aller au cinéma seul.

C'est pas ça.

Ce qui me dérange vraiment. Ce qui laisse quelque-chose de cassé, de pas fini, de pas fini de casser. La vraie image de la trahison, c'est le regard bleu de ce vieil homme qui me tenait comme son fils.

Ce qui m'a fait fuir. Ce qui me rend coupable d'avoir fuit, c'est ça. C'est sa voix fatiguée qui disait que j'étais sur les rails, qu'il se revoyait il y a 30 ans, avant d'acheter la maison avec Béatrice. Et que c'était bien comme ça.

J'aurais voulu lui expliquer, j'espère que tu le feras.

 

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 00:00
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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 00:00

Ca y est, tu as appris à te présenter en donnant ton prénom et en résumant "ce que tu fais". Parfois tu ajoutes un trait d'humour, de l'auto-dérision pour valoriser d'un coup l'ensemble des autres activités que tu ne fais pas. Tu dépasses rarement les 40 secondes.

Tu le fais de plus en plus souvent. Avant, tu y arrivais de mieux en mieux. Maintenant, tu réussis de manière constante, quelles que soient les réactions de tes interlocuteurs.

Les gens peuvent te juger. Tu te permets à ton tour de les juger. Tout va bien comme ça. C'est confortable. On se sourit quand on sent que la conversation s'essoufle, puis on se sépare.

Ca y est, tu es une grande personne.

Quand tu étais enfant, tu te disais que c'était autre chose d'être une grande personne. Bah non, c'est ça.

 

Maintenant, quand on te contraint à intéragir avec un enfant, tu lui demandes ce qu'il fait à l'école, en quelle classe il est et ce qu'il veut faire plus tard.

Ca y est.

Ca te déçoit un peu.

 

http://25.media.tumblr.com/4da18e293270799fb0d69657448b14ba/tumblr_ml7gcfJ83E1qg3iveo1_500.jpg

 

 


Image via: I'm Not Wordy

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 00:00
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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 00:00

Depuis qu'elle est entrée dans l'ascenseur, tu ne lui dis pas. Le fourmillement de tes pensées a marqué une pause. 1 minute avant, 5 secondes après que tu aies vu son visage, son sourire, son corps, ses cheveux, ses vêtements près de toi, ça disait, ça dira "je pense à toi, je pense à toi, je ne fais que penser à toi, la nuit, le jour, entre les deux, surtout entre les deux, je pense à toi, à ce que cache ta bouche, à la distance toute juste entre tes épaules, à ce haut un peu lâche que tu portes quand il fait chaud, à ce qu'on pourrait faire tous les deux, à ce qu'on pourrait être tous les deux, je pense à ce que tu m'as dit, à ce que je pourrais te dire, à ce que tu pourrais me répondre et à ce que je pourrais te répondre, ce serait beau beau beau, oh s'il te plaît, connais-moi mieux".

Tu penses à ça, tout le temps. Tout le temps, tu penses à ça. Ca va, ça vient en circuit fermé.

Et quand tu marches dans ta rue, tu te racontes ce que ce serait avec sa main qui touche ta main. Quand tu lis, tu te dis que ce serait autre chose avec elle. Qu'elle interpréterait tes sourires, que tu déclencherais ses soupirs. Quand tu te réveilles la nuit en croyant qu'elle était là, tu ne dis rien, tu te redresses, tu ouvres grand les yeux, tu prends une gorgée d'eau, tu sais qu'elle n'est pas là, tu sais qu'elle aurait pu être là, qu'elle aurait pu laisser apparaître son visage derrière ton épaule, dans la nuit. Mais elle ne le fait pas. Et tu penses à elle comme à une amante régulière. Une qui te dirait "allez, c'est rien, reviens te coucher". Une qui te caresserait le dos avec un glissement sourd et sûr. Une qui serait tendre.

 

Elle, qui serait tendre.

 

Au lieu de ça, il ne se passe rien.

L'ascenseur dévale les étages doucement. Tu joues le rôle de celui qui a une relation normale avec elle. Tu es l'inconnu. Celui qui la salue. Le bon voisin. Tu fais ça très bien.

Rez-de-Chaussée, tu pars à droite, elle part à gauche.

 

Il ne se passe rien là, en vrai. Il ne se passe rien parce que la relation, l'amour, le vrai, il est à l'intérieur de toi.

Il vit seulement là, dans ta cage thoracique.

 

http://www.fubiz.net/wp-content/uploads/2013/01/James-Cooper-Photography8.jpg

 


Photo: James Cooper
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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 00:00
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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 00:00

Aujourd'hui et dans 6 mois, le marché du Dimanche, place de Joinville dans le 19e.

Dans 3 ans, les pleurs qui vont nous réveiller. Et le dimanche le marché.

Dans 6 ans, réveillés par deux gamins qui sautent sur notre lit le dimanche.

Le déclin de l'Union Européenne, le chômage grandissant, l'incapacité d'exporter. La mort de l'industrie.

Dans 10 ans, elle plaide encore le retour au Franc et nous qui devons réapprendre comment faire une multiplication sans calculatrice.

Dans 15 ans, les réunions parents-prof. Et l'inquiétude le soir, gendarmerie, levés jusqu'à 2h du matin.

Les pommes qui se ressemblent toutes, l'éclatement de la Chine, la folie industrielle, la concurrence effrénée, la catastrophe de Shell, la montée des eaux. Les ouragans en vidéo 3D.

Dans 18 ans, le dimanche aller chez nos parents sans les enfants. Le scooter au gaz, "je dors chez une copine", tu fais attention à toi.

Dans 24 ans, les enterrements le dimanche de temps en temps.

Les impolitesses diplomatiques, les coups de pression, les disputes, les séparations. Les balades du dimanche seul, parfois.

Dans 50 ans, contempler comme tout ça ne s'est pas passé comme prévu.

 

Pendant ce temps, place de Joinville dans le 19e, ils crieront les mangues et les oranges. Sans s'inquiéter.

Dans un monde en mutation, on se voit toujours linéaires.

 

 P1010648-copie-1.JPG

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 00:00
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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 00:00

C'est la salle de bain d'un petit appartement d'une très grande ville.

Il y a encore des longs cheveux qui ondulent et des "bonne journée mon amour" qui flottent. C'était comme ça qu'on se quittait pour un jour, avant de s'engouffrer dans cette jungle au cœur de la mégalopole Européenne.

Il est certainement déjà plus de 10 heures, il n'ira sûrement pas travailler aujourd'hui.

 

Il est seul maintenant, il réalise. Il réalise qu'il est seul, et pourtant il se voit assis à un café de la ville, seul. Il s'imagine à son endroit de confort, seul. Seul et bien.

Il est assis sur le sol de la salle de bain, quadrillé et ponctué de gouttes d'eau. Les genoux contre le torse s'écartent et vont tomber en tailleur. Il a du dentifrice sec plein la joue. Il est seul et mal. Il ne le sait pas.

 

Lui, il se sent constant. Il pourrait rester là tout le jour, toute la vie. Pourtant, à une certaine heure, il aura la force de se relever et de sortir. Comme quelqu'un de normal.

 

Cette seule pensée de se relever un jour, le dégoûte de lui-même.

 

Peut-être même qu'un jour, ça ira mieux demain.

 

Quelle lassitude.

 

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