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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 01:00
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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 01:00

Cet endroit, c’est ma récréation. J’y vais dès que j’en ai besoin. Et même parfois quand je n’ai pas l’impression d’en avoir besoin, j’en ai besoin. C’est toute une ambiance à laquelle on souscrit dès qu’on passe la porte.

 

La patronne, plus vieille, est à la caisse, et les filles se relaient auprès des clients. Quand notre préférée est déjà prise, c’est une autre qui s’occupe de nous. Si c’est la laide qui vient à moi, alors je fais mine d’être dans mes pensées. J’attends que la mignonne petite soit libre, et hop, je lui demande tout ce que je veux. Y compris les choses les moins avouables, le monde extérieur n’en saura rien. Elle travaille avec le sourire aux lèvres. L’amour du travail bien fait, ça existe encore. C’est beau. Et enfin, quand plus aucun désir n’est réprimé, je m’en vais vers la caisse, sans aucun regret. La patronne est stricte avec ses employées, mais elle a toujours un regard bienveillant pour ses meilleurs clients.

 

Je sortirai discrètement. Le coeur et le portefeuille plus légers. Avec mes gâteries dans un sachet. Cette boulangerie, c’est un vrai bordel.
 

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 01:00
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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 01:00

-C’est exactement ça!
-C’est “exactement” ça?
-Ouais! (ils sourient, temps) Attends, me dis pas de truc ambigu comme ça s’il te plaît.
-Quel truc ambigu? C’est ambigu quand je dis que c’est exactement ça.
-Bah oui, excuse-moi mais c’est ambigu.
-Quoi?
-“Exactement”, quand tu dis ça, ça veut dire que j’ai tapé juste. Qu’on s’est connectés de façon exacte. C’est... c’est limite érotique en fait.
-Ah ouais carrément?
-Bah ouais carrément.
-Et alors, c’est quoi le problème en fait?
-Bah le problème, c’est que ça va me laisser avec mes pensées. Quand tu vas me laisser là, quand ton cours va commencer, bah moi je serai là avec mes pensées, dans mon cours à moi. Et après, je serai en train de déjeuner aussi avec mes pensées, en réfléchissant à ce que t’as bien pu vouloir dire, et pourquoi t’as utilisé le mot “exactement”. Et comme ça toute la journée, et le soir aussi chez moi. Surtout, le soir chez moi. Et la nuit aussi, je pense beaucoup, parce que je suis pas là pour dire à mes pensées “non non, surtout pas, n’allez pas par là”. C’est vrai, elle font ce qu’elles veulent la nuit les pensées, tu trouves pas?
-Tu veux dire les rêves?
-Ouais voilà. Et comme ça, rien que pour un truc ambigu de rien du tout, je peux penser à toi jour et nuit.
-Ah ouais...
-Et je peux aussi avoir des soucis de digestion.
-Ah.
-Pardon. Enfin, voilà, dis-moi un truc cassant, un truc qui dit que tu peux pas me supporter. Non mieux, que tu t’en fous de moi, et que j’ai qu’à penser à autre chose. Un truc clair hein.
-Je m’en fous de toi?
-Non, avec plus de conviction.
-Bon, écoute, tu me saoules avec tes histoires. Trouve-toi une autre occupation. Moi, je vais en cours. (elle part)
-Bah voilà, c’est pas mal ça! (temps) Elle est bien cette fille.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 01:00
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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 01:00

J’entre, je commande, puis je file aux toilettes. L’odeur de pisse mêlée à celle du tabac me fait croire instantanément qu’un film va commencer. J’ai eu le souvenir involontaire de ce cinéma aux toilettes mal lavées.

 

Je m’installe, je discute avec un jeune mec installé à la table d’à côté. En fait, il a 32 ans. Il fait moins. Moi j’en ai 34 et je fais moins aussi. On s’en amuse. Il allume une cigarette. Il bosse un peu sur ses papiers, ses bouquins. Il allume une autre cigarette. Je me dis que s’il fume autant, c’est qu’il veut avoir l’air plus vieux. Mais je n’ose pas lui dire. Alors je m’en amuse tout seul, cette fois.

 

Au comptoir, un mec raconte comment il arrive à prendre des photos de gens sans se faire voir. Seulement, il parle un peu fort. On est quelques-uns à se regarder. A se méfier de ce type.

 

Image source: Ren Hang

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 01:00
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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 01:00

(Bon, maintenant, c’est le bon moment tu lui proposes de l’accompagner ce soir. Allez, vas-y. Prends ton courage)
-A demain!
-Ouais, à demain!
(Merde)

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 01:00
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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 01:00

C’était une de ces maisons de vacances vastes, bien entretenues. Mais celle-ci était hors-saison. Les chambres se ressemblaient. Blanches. Tout y était blanc: murs, plaintes, cadres vides, tapis. Les seules choses qui dénotent: un sommier et une armoire “bois vernis”, et un dessus de lit à liseret orange.

 

Oui, c’est bien entretenu, et c’est hors-saison. Donc, il n’y a pas de draps, il y a des alèses, et il n’y a pas de couette, il y a des dessus de lit.

 

Il y a quoi, 5 ou 6 chambres. Et nous - nous quatre - on dort dans l’une d’entre elles. Les autres sont vides. Et donc, on serait bien incapables de les distinguer. On la reconnaît car les autres y sont, voilà tout. Cette nuit-là, je me lève d'un de notre vaste lit pour aller pisser, je prends le couloir tout droit, puis à droite, et c’est la porte tout de suite à droite. C’est la nuit, mais il fait déjà jour. C’est pas trop compliqué.

 

Pour revenir, c'est pareil, mais à l’envers: je pars à gauche, tout de suite à gauche, le long couloir tout droit, j’ouvre la porte d’en face. La poignée est encore presque chaude de ma propre main. Mais personne. La chambre est vide. Le lit, le tapis, l’armoire, le dessus de lit repassé.

 

Je deviens fou, je cherche dans toutes les chambres, je reviens sur mes pas, je repasse devant la porte de la salle de bain, et dans la chambre juste après, je retrouve mes amis. Ils sont tous les 3 blottis dans le lit comme s’ils n’avaient pas bougé.

 

Je n’ai pas prononcé un mot, mais ma stupeur réveille l’une d’entre eux - celles aux cheveux rouges courts - puis les deux autres dans la foulée. Je leur explique. Ils me disent qu’ils n’ont absolument pas changé de chambre. Je deviens fou. La fille aux cheveux courts rouges décide de se lever et de me suivre. Les deux autres se rendorment.

 

Elle est nue. Je suis nu. Et les chambres qu’on traverse sont nues. Évidemment. Elle marche devant moi, on passe devant toutes les chambres. On arrive à la chambre au bout du couloir tout droit porte d’en face, j’entre derrière elle, je me retourne pour lui montrer que tout est vide et que ça paraît dingue de penser comme moi qu’on a pu dormir ici. Mais. Elle est où?

 

Elle m’apparaît en flash puis disparaît immédiatement après. Je sors dans le couloir, une silhouette disparaît dans une autre chambre. J’y cours. Plus personne. Je me retourne, personne. Je sors dans le couloir, une porte qui était ouverte est fermée. Je marche doucement, puis brusquement: j’entre.

 

Cette pièce est différente. Plus petite, pas de lit ni d’alèse, Mais quelques cartons fermés, un diable, un bureau nu, un miroir. C’est plutôt une remise, une remise hors-saison.

 

Enfin, il n’y a pas personne. Je vais pour sortir de cette pièce. Mais une fille y apparaît encore une fraction de seconde. Elle ne lui ressemble qu’un peu. Je tente de la faire réapparaître en répétant les positions dans lesquelles je me trouvais, en faisant les mêmes mouvements, en ayant les mêmes pensées. Et là, face à moi, elle est là. Ca y est. J’ai compris.

 

Dans le miroir, timide, elle répète les mêmes mouvements. Ses cheveux sont courts, mais pas rouges. Plus noirs comme les miens. Elle est moins ronde. Ses épaules sont étroites. Ses seins petits. Sa peau très blanche. Cette fille, c’est moi.

 

Je comprends que je suis tout seul dans cette maison trop grande. Le dehors n’existe que pour produire de la lumière pour l’intérieur. Inutile de retourner dans la chambre près de la salle de bain. Ils n’y seront certainement plus. Je croyais être entouré, j’ai traqué comme un fou la moindre présence vivante. Tout ce que j’ai trouvé, c’est cet alter-égo féminin.

 

Je passerai le reste de cette nuit infinie, à la contempler. A me mouvoir avec elle.
 

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