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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 01:00
vignette en minuscules

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 01:00

En plongeant le plus loin possible, puis en remontant naturellement, ça donne à peu près ça.


L’amie de Maman qui m’offrait une peluche. Il fallait dire merci. Se laver les mains avec 4 cousins sous un seul robinet. Les poussières de crayon coincées entre le livre et le protège-livre, surtout dans les coins. Il fallait écrire proprement. Les tables de multiplication sur le dos du cahier de brouillon. Il fallait apprendre. Les châteaux de sable avec des meilleurs copains éphémères. Le tir à l’arc. Le nouveau collège, les gens qui se connaissaient, et pas moi. Les gens qui savaient embrasser, et pas moi. Les raisonnements logiques. Il fallait comprendre. Les infos au dîner, les élections, l’Irak. Sortir sans les parents. Embrasser enfin. Le scooter. La plus grande chambre. Partir en vacances sans les parents. Le printemps, le bac et l’herbe coupée. Partir de chez les parents. Penser et agir. Se construire. Le vélo volé. Aimer un peu. Laisser la caution. Être professionnel, ne pas faire d’erreur. L’assurance devant le client, pas un rictus de doute. Gagner de l’argent. Aimer vraiment. Changer d’appartement. Travailler plus. Mener un entretien depuis l’autre côté de la table. Faire un enfant. Travailler moins. Habiter plus loin de la ville. Changer de siège-auto, refiler l’ancien au deuxième. Emballer les cadeaux des enfants. Protéger leurs livres. Les amener au collège. Aller les chercher à 2 heures du matin, les voir ivres. Leur apprendre le respect. Se porter caution. Les accueillir le dimanche. Parfois. Remercier le copain de la grande pour les fleurs. La ménopause. On se dit que c’est passé vite, on s’embrasse. Partir en vacances sans les enfants. L'enterrement de papa. Celui de maman. Les livres. Grand-mère, c’est dingue. La flemme de gratter la voiture. Tricoter les cadeaux des petits-enfants. Les voir une fois l’an, tous d’un coup. Les voir une dernière fois. Néant.


L’eau est froide en profondeur. Très froide. On remonte à une vitesse constante, mais elle est presque toujours aussi froide. On a le temps de sentir les maigres variations de température, c'est agréable. En s’approchant de la surface, elle est vaguement tiède. Puis elle se réchauffe vite. Puis de plus en plus vite. Brusquement: on a le corps hors de l’eau, et l’activité est terminée.

 



Il faudra que cette chair sèche, bien sûr. Ca prendra du temps. Mais plus jamais on ne sera immergé. Plus jamais cette eau salée n’entrera dans nos poumons.

 

 

Image source: James Cooper, via satalienavvaa

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 01:00
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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 01:00

Faut le comprendre aussi. Il l’a jamais vue avant, elle lui demande le rayon science fiction. Elle lui fait un bisou sur la joue, elle se fige une seconde, et puis elle s’en va.

Pas genre, elle s’enfuie. Pas non plus genre elle veut qu’il la suive. Nan, juste normal, genre, elle marche normal, genre je déambule à la fnac et il s’est rien passé.

Il est là depuis 11 heures ce matin, au milieu de l’allée à regarder la direction vers laquelle elle est partie.

Elle est plus là bien sûr. A l’heure qu’il est, elle a déjà réglé ses 2 Sheckley et sa clé usb trouvée en gondole de caisse, elle a récupéré le grand au foot et la petite au judo, elle est rentrée chez elle pour cuisiner et déjeuner, ils ont été tous les trois faire une grande balade en forêt jusqu’à l’heure du goûter, et là, elle règle 2 ou 3 trois trucs administratifs pendant que les enfants font leurs devoirs devant la télé.

Et lui il est là.

Il doit avoir faim maintenant. Monsieur? Faut pas rester là, Monsieur. On va fermer maintenant.

 

Image source: via leblogdeco

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 01:00

Depuis ses 21 ans, il a dû se lever à huit heures moins dix.

 

Huit heures moins dix, ce n’est pas trop tôt c’est bien. Monsieur Renard a de la chance: il n’habite pas loin de son travail, il n’a pas eu d’accidents de carrière, il mange peu au petit-déjeuner.

 

Tous les matins, huit heures moins dix annoncent la routine d’usage. Toujours récolter une boule de chaussettes dans le panier à boules de chaussettes. Toujours la Laguna dans la garage, véhicule acquis à des conditions avantageuses dès le début de sa carrière.

 

Monsieur et Madame Renard n’ont jamais eu d’enfants. Le week-end, ils prenaient la voiture pour faire du sport ou du tourisme un peu plus loin. A trente, parfois quarante kilomètres de chez eux. Si bien que sans s’en rendre compte, ils se levaient tous deux, tout le temps, à huit heures moins dix.

 

Huit heures moins dix, toute sa vie, pour un départ à neuve heure moins le quart et une arrivée à neuve heure pétante. Jeune, il était en retard aux réunions matinales. On l’appelait Monsieur Neuve-Heure avec humour, parfois une pointe de reproche. Cela amusait bien le jeune Renard: il savait au fond de lui qu’il était Monsieur Huit-Heures-Moins-Dix.

 

Grâce à sa régularité, Monsieur Renard a pu évoluer rapidement. On disait de son travail qu'il était rigoureux, jamais déstabilisant. Alors, lorsqu’on lui prévoyait un vol avant 10h, c’était non. “Beaucoup trop juste”, disait-il simplement.

 

Échelon après échelon, il a gardé cette habitude. Il l'a imposée à son équipe. Certains refusaient, mais les meilleurs tenaient le rythme, et le remerciaient.

 

Lors de son pot de départ en retraite. Monsieur Renard, 40 ans de boîte, a tenu un discours émouvant. Forcément. On lui a offert une belle montre, et puis il est parti pour de bon. Les plus anciens ont souri en remarquant que Monsieur Renard avait quitté l'entreprise à 19h50, très précisement.

 

Huit heure moins dix, ça a été bien pratique pendant toute la carrière de Monsieur Renard. Mais dès le premier jour de sa retraite, cette heure s'est révélée obsédante.

 

Monsieur Renard se lève toujours tous les matins à huit heures moins dix. Comme si on rebranchait toutes les nuits ce putain de réveil. Impossible de se rendormir. Tous les matins, une longue journée l'attend. A imaginer sa prochaine activité. S'occuper absolument pour passer le temps. Se fatiguer absolument pour pouvoir se coucher, et se lever toujours à cette salope d'heure moins dix de merde.

 

Madame Renard le sait bien: à ce rythme, Monsieur Renard ne va pas tenir longtemps.

 

Photo source via: Claudio

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 01:00

C’est la deuxième rencontre. La première, c’était par hasard, sur le balcon d’une pote. La deuxième rencontre, c’est celle qui se fait exprès. Elle a gardé ton numéro, tu as décroché, et tu as parlé tout surpris. Tu pensais que c’était pour le boulot.

Tu arrives en premier. Sur l’écran du bar, y a le match retour de Lille en Europa League. Tu regardes même pas, c’est pas ton match.

Enfin, voilà, elle arrive sans que tu aies trop pu t’échauffer. Bien garder en tête que les buts marqués à l’extérieur comptent double. C’est la deuxième rencontre. Coup d’envoi.

 

Photo source: Liondartois

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 01:00

Quand tu reposes ton verre après avoir dit que c’est marrant parce que toi aussi t’as une pote qui sait faire ça avec son coude, tu ressembles à Travolta. Travolta dans Pulp Fiction, qui hésite, qui converse à l’intérieur de lui-même tout en en restant loquace, mais en féminin évidemment.

Un féminin qui soit pas non plus hyper-sexué tu vois, mais un peu combatif quand même. Genre combatif comme Mickaël Tacalfred ou comme une femme qui s’appellerait Simone, pas plus.

Une Simone un peu sage quand même, genre une qui serait née à Orléans.

Mais Orléans qui serait de gauche. Enfin de gauche, mais d’une certaine idée de la gauche tu vois, pas une pâle imitation de Michel Rocard.

Y a des bonnes imitations de Michel Rocard, et y en a des mauvaises. Toi, tu serais genre un Travolta de Pulp Fiction féminin combatif comme une Simone d’Orléans de gauche type le Michel Rocard des Guignols. Ouais voilà.

Et là, je suis dans la merde parce que pendant ma projection mentale, un micro-silence s’est installé autour de notre table basse, et tu me demandes à quoi je pense.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 01:00

-Monsieur, vous êtes croyant?

-...

-Vous êtes croyant, oui ou non?

-Non monsieur mais...

-Alors vous n'avez rien à faire ici, allez puer ailleurs!

 

C'est comme ça que je me suis retrouvé à manger du pain dur dans une cabine téléphonique. La maison de Dieu n'accueille que ceux qui y croient. Ca se tient.

Les cabines téléphoniques ne sont pas neuves en général. C'est assez mal isolé et le froid de Janvier y pénètre bien. Au moins, il ne me pleut pas dessus.

Une nuit à rester éveillé par peur de mourir. Au matin, j'avais décidé: j'allais voler un radiateur.

C'est un investissement le vol, mais parfois ça en vaut la peine. C'est un risque à prendre en comparaison au bénéfice éventuel. (J'avais fait la division pendant la nuit.)

Du coup, me voilà dans la cabine téléphonique avec un radiateur. Il est 17 heures 30. La nuit tombe. Tiens, je n'aurai pas de voisin cette nuit. Une petite pluie fine dont je suis abrité. La fatigue. Parfait.

Je me prépare une nuit à... peut-être 12 degrés. C'est bien ça 12 degrés... 12 degrés, c'est bien déjà pour un bébé? Je me souviens, sur les thermomètres, il y avait un nounours bleu dessiné en face de 12 degrès.

Bom bom bom.

Voilà, ça y est, c'est l'autre connard de tout à l'heure qui frappe à la porte. "Casse-toi connard!". Ils sont prêts à tout pour courir après l'argent ces putains de vendeurs de radiateur.

Y'a pas. Je reste à l'intérieur. Je m'accrche. Le radiateur et les câbles de mon baluchon bloquent l'entrée. "Tu peux pas me déloger, alors laisse-moi!". Il rentrera pas, il peut appeler les flics. "Tu peux appeler les flics si tu veux, enculé!".

Il rentrera pas dans ma cabine. "C'est ma cabine".

 

Là. Voilà. Il s'est vite découragé, pour un vendeur. Il m'a retiré dix minutes de sommeil, ce con. Tranquille. Plus d'inquiétude... Plus d'altitude...

Je rêve. Je rêve de mon enfance et de l'allum'gaz, avec lequel il faut pas jouer. Je rêve d'une voiture-bélier qui voudrait casser ma cabine. Je les chasserais à coup de Uzi.

Ta ta ta ta tam.

Et je rêve aussi d'une source d'électricité.

D'une prise qui m'aurait permis de rester en vie.

Mais je m'endors.

 

Voilà.

Déjà la sirène en fond sonore.

 

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 01:00

Après notre rencontre au barbecue de Yannick et Cécile, à Desvres. La gêne, l’envie et le persil entre les dents.


Après le baiser contre la voiture, sur l’aire de repos des Bonnettes. Le bip-bip de la portière ouverte et des phares allumés.


Après la signature de la maison d’Azincourt. Le notaire de Fruges et le déjeuner en face de la Mairie.


C’était normal, attendu, qu’on se marie au Touquet.

 

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 01:00

Parfois, en m'endormant, même près de toi, j'ai l'image furtive d'un gamin qui sourit l'été. Un jeune homme, ni trop jeune, ni trop homme. Pré-ado. Je ne saurais pas lui donner d'âge sans le salir, tellement les 13 ans et les 15 ans sentent les fronts gras et les ongles rongés.

Celui-là, il a encore un peu une voix de petit garçon. Un corps fin, mais déjà sec, musclé, presque tracé, et il a ce petit nombril qui ressort. Cette image si je devais te la décrire, c'est un amour de jeunesse, un béguin de station balnéaire, mais au lieu de ça, je donne du détail physique. Il secoue ses cheveux châtains mi-longs en me souriant. Il laisse sécher sa peau salée dans les rues de Villefranche-sur-Mer.

Si on devait la prendre au premier degré cette image, on dirait qu'il pose pour des photos. Heureusement, non. C'est l'innocence. Il fait juste l'imbécile, il me regarde avec joie mais sans désir, moi. Moi, le même âge, une tête de plus, rentrée dans mes épaules, ombragée par mes longs cheveux noirs, t-shirt mouillé au niveau du soutif, qui suit avec ma bouée, je fais pas partie de l'image.

Mon image à moi, c'est cette mine rieuse et ce t-shirt bleu trop petit. Il ne fait pas les boutiques, il ne cherche pas à plaire, à être le meilleur. Il promène juste son corps en mutation. Il grimpe les rues en remontant de la plage dans ses sandales de plastique. Bientôt, il aura des cuisses, bientôt il fera du sport, mais pas aujourd'hui.

Aujourd'hui, il fait partie de mes images. Et demain non plus, il n'aura jamais une voix d'homme.

Te décrire cette image, c'est comme te décrire la façon dont on frappe à la porte sans te dire qui c'est derrière, ni ce que cette personne va nous annoncer. Ce qu'il y a derrière, je sais pas te le dire. Et tu ne le cherches pas.

C'est que pour moi. Pour toujours.

 

 

image source: via Behance

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