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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 01:00

C’est la deuxième rencontre. La première, c’était par hasard, sur le balcon d’une pote. La deuxième rencontre, c’est celle qui se fait exprès. Elle a gardé ton numéro, tu as décroché, et tu as parlé tout surpris. Tu pensais que c’était pour le boulot.

Tu arrives en premier. Sur l’écran du bar, y a le match retour de Lille en Europa League. Tu regardes même pas, c’est pas ton match.

Enfin, voilà, elle arrive sans que tu aies trop pu t’échauffer. Bien garder en tête que les buts marqués à l’extérieur comptent double. C’est la deuxième rencontre. Coup d’envoi.

 

Photo source: Liondartois

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 01:00

Quand tu reposes ton verre après avoir dit que c’est marrant parce que toi aussi t’as une pote qui sait faire ça avec son coude, tu ressembles à Travolta. Travolta dans Pulp Fiction, qui hésite, qui converse à l’intérieur de lui-même tout en en restant loquace, mais en féminin évidemment.

Un féminin qui soit pas non plus hyper-sexué tu vois, mais un peu combatif quand même. Genre combatif comme Mickaël Tacalfred ou comme une femme qui s’appellerait Simone, pas plus.

Une Simone un peu sage quand même, genre une qui serait née à Orléans.

Mais Orléans qui serait de gauche. Enfin de gauche, mais d’une certaine idée de la gauche tu vois, pas une pâle imitation de Michel Rocard.

Y a des bonnes imitations de Michel Rocard, et y en a des mauvaises. Toi, tu serais genre un Travolta de Pulp Fiction féminin combatif comme une Simone d’Orléans de gauche type le Michel Rocard des Guignols. Ouais voilà.

Et là, je suis dans la merde parce que pendant ma projection mentale, un micro-silence s’est installé autour de notre table basse, et tu me demandes à quoi je pense.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 01:00

-Monsieur, vous êtes croyant?

-...

-Vous êtes croyant, oui ou non?

-Non monsieur mais...

-Alors vous n'avez rien à faire ici, allez puer ailleurs!

 

C'est comme ça que je me suis retrouvé à manger du pain dur dans une cabine téléphonique. La maison de Dieu n'accueille que ceux qui y croient. Ca se tient.

Les cabines téléphoniques ne sont pas neuves en général. C'est assez mal isolé et le froid de Janvier y pénètre bien. Au moins, il ne me pleut pas dessus.

Une nuit à rester éveillé par peur de mourir. Au matin, j'avais décidé: j'allais voler un radiateur.

C'est un investissement le vol, mais parfois ça en vaut la peine. C'est un risque à prendre en comparaison au bénéfice éventuel. (J'avais fait la division pendant la nuit.)

Du coup, me voilà dans la cabine téléphonique avec un radiateur. Il est 17 heures 30. La nuit tombe. Tiens, je n'aurai pas de voisin cette nuit. Une petite pluie fine dont je suis abrité. La fatigue. Parfait.

Je me prépare une nuit à... peut-être 12 degrés. C'est bien ça 12 degrés... 12 degrés, c'est bien déjà pour un bébé? Je me souviens, sur les thermomètres, il y avait un nounours bleu dessiné en face de 12 degrès.

Bom bom bom.

Voilà, ça y est, c'est l'autre connard de tout à l'heure qui frappe à la porte. "Casse-toi connard!". Ils sont prêts à tout pour courir après l'argent ces putains de vendeurs de radiateur.

Y'a pas. Je reste à l'intérieur. Je m'accrche. Le radiateur et les câbles de mon baluchon bloquent l'entrée. "Tu peux pas me déloger, alors laisse-moi!". Il rentrera pas, il peut appeler les flics. "Tu peux appeler les flics si tu veux, enculé!".

Il rentrera pas dans ma cabine. "C'est ma cabine".

 

Là. Voilà. Il s'est vite découragé, pour un vendeur. Il m'a retiré dix minutes de sommeil, ce con. Tranquille. Plus d'inquiétude... Plus d'altitude...

Je rêve. Je rêve de mon enfance et de l'allum'gaz, avec lequel il faut pas jouer. Je rêve d'une voiture-bélier qui voudrait casser ma cabine. Je les chasserais à coup de Uzi.

Ta ta ta ta tam.

Et je rêve aussi d'une source d'électricité.

D'une prise qui m'aurait permis de rester en vie.

Mais je m'endors.

 

Voilà.

Déjà la sirène en fond sonore.

 

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 01:00

Après notre rencontre au barbecue de Yannick et Cécile, à Desvres. La gêne, l’envie et le persil entre les dents.


Après le baiser contre la voiture, sur l’aire de repos des Bonnettes. Le bip-bip de la portière ouverte et des phares allumés.


Après la signature de la maison d’Azincourt. Le notaire de Fruges et le déjeuner en face de la Mairie.


C’était normal, attendu, qu’on se marie au Touquet.

 

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 01:00

Parfois, en m'endormant, même près de toi, j'ai l'image furtive d'un gamin qui sourit l'été. Un jeune homme, ni trop jeune, ni trop homme. Pré-ado. Je ne saurais pas lui donner d'âge sans le salir, tellement les 13 ans et les 15 ans sentent les fronts gras et les ongles rongés.

Celui-là, il a encore un peu une voix de petit garçon. Un corps fin, mais déjà sec, musclé, presque tracé, et il a ce petit nombril qui ressort. Cette image si je devais te la décrire, c'est un amour de jeunesse, un béguin de station balnéaire, mais au lieu de ça, je donne du détail physique. Il secoue ses cheveux châtains mi-longs en me souriant. Il laisse sécher sa peau salée dans les rues de Villefranche-sur-Mer.

Si on devait la prendre au premier degré cette image, on dirait qu'il pose pour des photos. Heureusement, non. C'est l'innocence. Il fait juste l'imbécile, il me regarde avec joie mais sans désir, moi. Moi, le même âge, une tête de plus, rentrée dans mes épaules, ombragée par mes longs cheveux noirs, t-shirt mouillé au niveau du soutif, qui suit avec ma bouée, je fais pas partie de l'image.

Mon image à moi, c'est cette mine rieuse et ce t-shirt bleu trop petit. Il ne fait pas les boutiques, il ne cherche pas à plaire, à être le meilleur. Il promène juste son corps en mutation. Il grimpe les rues en remontant de la plage dans ses sandales de plastique. Bientôt, il aura des cuisses, bientôt il fera du sport, mais pas aujourd'hui.

Aujourd'hui, il fait partie de mes images. Et demain non plus, il n'aura jamais une voix d'homme.

Te décrire cette image, c'est comme te décrire la façon dont on frappe à la porte sans te dire qui c'est derrière, ni ce que cette personne va nous annoncer. Ce qu'il y a derrière, je sais pas te le dire. Et tu ne le cherches pas.

C'est que pour moi. Pour toujours.

 

 

image source: via Behance

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 01:00

Un été ensemble.

Mais un vrai été, et vraiment ensemble.

Pas 2 semaines entre Juillet et Août. Pas nos 5 semaines de congés payés, même d'un coup. Vraiment 3 mois d'été. De Juin à Septembre, par exemple.

Et pas avec tes parents, mes cousins, nos enfants, des circuits randonnée, rien. Juste toi et moi, dans une grotte, ou au bord d'un lac à la limite, mais quelque-chose de neutre. Juste toi et moi quoi.

On n'aurait pas de billet à acheter, de propriétaire à rencontrer, de voiture à conduire, de courses à faire, de restos à comparer. Juste vraiment que toi, je t'inspirerais, je t'admirerais, je t'emplirais, je te mangerais. Que toi dans mon ventre. Je ne ferais que toi de mes journées.

Il y aurait pas les cycles lunaires, pas le mauvais temps, pas le beau temps non plus. Juste du temps avec toi, contre toi, il fera toujours 37,3°C. Que toi. A en oublier le jour de la semaine.

Quand il n'y aura que toi dans mes rêves, on pourra repartir.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 01:00

Posé sur un banc, le lecteur radio-cassette crachait quelques notes un peu grasses. Eux, ils fumaient par-dessus, se raclaient la gorge, puis bavaient sur le sol. Toi, tu faisais du vélo autour. Tu tournais, tournais, sans les petites roues, et ils ne faisaient pas attention à toi.

Dans le bus du collège, c'était encore ce morceau. Téléchargé sur Kazaa quelques mois plus tôt, tu l'avais dans tes écouteurs, sans trop y faire attention. Il était sur le même CD que les Muse et les Coldplay que tu écoutais à cause de tes potes.

Dans la voiture de ton premier copain, tu cherchais Europe 2. Lui, il demandait pourquoi. Toi, tu disais que tu ne savais pas, que t'aimais bien cette radio, voilà. En vérité, c'était là que tu avais entendu ce morceau pour la première fois.

 

Aujourd'hui cette intro à la guitare, pour toi, elle a un peu l'odeur des pétards, des champs de colza et du bus les jours de pluie.

Tu n'y as jamais pensé, mais tu as toujours ce léger vertige juste avant chaque refrain. 

Maintenant que tu te rends compte que ce morceau t'as pris la main toute ta vie, est-ce qu'il continuera de t'accompagner?

 

Image source: gigwise

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 01:00

Je connais seulement tes préférés, tu connais pas encore mes angoisses, la nuit parfois on se réveille pour faire l'amour.

Je les connais tous, tu connais mes parents, tu me racontes tes cauchemars.

J'en reconnais certains, évidemment je te déshabille pas systématiquement chaque fois que tu rentres du travail.

J'ai du mal avec les nouveaux, je connais ta tête quand tu veux pas parler, tu réponds que si quand je te dis que non, tu réponds que non quand je te demande si.

J'en ai retrouvé un à toi, en rangeant chez moi. Je dispense ta fille de te le rendre, je suppose?

Et maintenant, les soutiens-gorges d'une autre ont remplacé les tiens.

 

Je connais seulement tes préférés, je connais pas encore tes angoisses, la nuit parfois on se réveille pour faire l'amour.

Je les connais tous, tu connais mes parents, tu me racontes tes cauchemars.

J'en reconnais certains, évidemment je te déshabille pas systématiquement chaque fois que tu rentres du travail.

J'ai du mal avec les nouveaux, tu connais ma tête quand je veux pas parler, tu réponds que si quand je te dis que non, tu réponds que non quand je te demande si.

J'en ai retrouvé un à toi, en rangeant chez moi. Je dispense ta fille de te le rendre, je suppose?

Et maintenant, les caleçons d'un autre ont remplacé les tiens.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 01:00

Elle a un livre en mains. Elle vient de l'acheter à la librairie de théâtre. Elle ne devrait pas, mais elle a envie de savoir a posteriori si elle a fait un bon choix. Elle va sur Amazon, sur Good Reads, sur Sens Critique. Pas de critiques. Pas de trace non plus auprès de ses amis. Pas de page Facebook. Le nom de l'auteur peut-être? Rien sur Twitter, rien sur LinkedIn.

Ce livre n'a pas d'identité.

Elle a bien sûr déjà cherché sur Google, sans s'en être rendu compte. Aucune publicité ne l'a d'ailleurs ciblée entre temps. Elle tente de prendre une photo de son livre et de faire une recherche inversée sur Google Images. Rien.

Elle retourne chez le libraire. Il lui a bien vendu ce livre au prix indiqué mais ne sait pas comment il est entré dans sa librairie. Le titre comme l'auteur lui sont inconnus. A lui, comme à son système informatique.

A défaut d'avoir des infos par ailleurs, elle fouille le livre physique. "Éditions Nimano". Nimano. Anonyme? Bravo.

Mais un papier manuscrit tombe depuis le milieu des pages. Une écriture fébrile au stylo baveux.

Marion a entre les mains le premier livre de quelqu'un. L'original. Ce sera à elle de le contacter.

 

Elle a entre ses mains le destin de quelqu'un. Elle sera la première à le lire après celui ou celle qui l'a écrit, et lu. 20 fois, 50 fois.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 01:00

Dès la première pression des lèvres, tu t’es sentie chez toi.

Le restaurant italien qui faisait des mini-tartines dans la rue: tu as goûté, tu es entrée, tu es restée.

Au magasin de tissu, cette mousseline a effleuré ta bouche, ton nez, tu ne l’a pas quittée de tout l’été.

Cette douche de plage, tu l’as activée sur tes cheveux, c’était froid. Tu as retenté bouche ouverte, tête levée, yeux fermés, tu es restée bien 5 minutes à t’enlever le sel.

Dès la première succion sur ton palais, c’était chez moi.

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