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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 01:00

Un été ensemble.

Mais un vrai été, et vraiment ensemble.

Pas 2 semaines entre Juillet et Août. Pas nos 5 semaines de congés payés, même d'un coup. Vraiment 3 mois d'été. De Juin à Septembre, par exemple.

Et pas avec tes parents, mes cousins, nos enfants, des circuits randonnée, rien. Juste toi et moi, dans une grotte, ou au bord d'un lac à la limite, mais quelque-chose de neutre. Juste toi et moi quoi.

On n'aurait pas de billet à acheter, de propriétaire à rencontrer, de voiture à conduire, de courses à faire, de restos à comparer. Juste vraiment que toi, je t'inspirerais, je t'admirerais, je t'emplirais, je te mangerais. Que toi dans mon ventre. Je ne ferais que toi de mes journées.

Il y aurait pas les cycles lunaires, pas le mauvais temps, pas le beau temps non plus. Juste du temps avec toi, contre toi, il fera toujours 37,3°C. Que toi. A en oublier le jour de la semaine.

Quand il n'y aura que toi dans mes rêves, on pourra repartir.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 01:00

Posé sur un banc, le lecteur radio-cassette crachait quelques notes un peu grasses. Eux, ils fumaient par-dessus, se raclaient la gorge, puis bavaient sur le sol. Toi, tu faisais du vélo autour. Tu tournais, tournais, sans les petites roues, et ils ne faisaient pas attention à toi.

Dans le bus du collège, c'était encore ce morceau. Téléchargé sur Kazaa quelques mois plus tôt, tu l'avais dans tes écouteurs, sans trop y faire attention. Il était sur le même CD que les Muse et les Coldplay que tu écoutais à cause de tes potes.

Dans la voiture de ton premier copain, tu cherchais Europe 2. Lui, il demandait pourquoi. Toi, tu disais que tu ne savais pas, que t'aimais bien cette radio, voilà. En vérité, c'était là que tu avais entendu ce morceau pour la première fois.

 

Aujourd'hui cette intro à la guitare, pour toi, elle a un peu l'odeur des pétards, des champs de colza et du bus les jours de pluie.

Tu n'y as jamais pensé, mais tu as toujours ce léger vertige juste avant chaque refrain. 

Maintenant que tu te rends compte que ce morceau t'as pris la main toute ta vie, est-ce qu'il continuera de t'accompagner?

 

Image source: gigwise

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 01:00

Je connais seulement tes préférés, tu connais pas encore mes angoisses, la nuit parfois on se réveille pour faire l'amour.

Je les connais tous, tu connais mes parents, tu me racontes tes cauchemars.

J'en reconnais certains, évidemment je te déshabille pas systématiquement chaque fois que tu rentres du travail.

J'ai du mal avec les nouveaux, je connais ta tête quand tu veux pas parler, tu réponds que si quand je te dis que non, tu réponds que non quand je te demande si.

J'en ai retrouvé un à toi, en rangeant chez moi. Je dispense ta fille de te le rendre, je suppose?

Et maintenant, les soutiens-gorges d'une autre ont remplacé les tiens.

 

Je connais seulement tes préférés, je connais pas encore tes angoisses, la nuit parfois on se réveille pour faire l'amour.

Je les connais tous, tu connais mes parents, tu me racontes tes cauchemars.

J'en reconnais certains, évidemment je te déshabille pas systématiquement chaque fois que tu rentres du travail.

J'ai du mal avec les nouveaux, tu connais ma tête quand je veux pas parler, tu réponds que si quand je te dis que non, tu réponds que non quand je te demande si.

J'en ai retrouvé un à toi, en rangeant chez moi. Je dispense ta fille de te le rendre, je suppose?

Et maintenant, les caleçons d'un autre ont remplacé les tiens.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 01:00

Elle a un livre en mains. Elle vient de l'acheter à la librairie de théâtre. Elle ne devrait pas, mais elle a envie de savoir a posteriori si elle a fait un bon choix. Elle va sur Amazon, sur Good Reads, sur Sens Critique. Pas de critiques. Pas de trace non plus auprès de ses amis. Pas de page Facebook. Le nom de l'auteur peut-être? Rien sur Twitter, rien sur LinkedIn.

Ce livre n'a pas d'identité.

Elle a bien sûr déjà cherché sur Google, sans s'en être rendu compte. Aucune publicité ne l'a d'ailleurs ciblée entre temps. Elle tente de prendre une photo de son livre et de faire une recherche inversée sur Google Images. Rien.

Elle retourne chez le libraire. Il lui a bien vendu ce livre au prix indiqué mais ne sait pas comment il est entré dans sa librairie. Le titre comme l'auteur lui sont inconnus. A lui, comme à son système informatique.

A défaut d'avoir des infos par ailleurs, elle fouille le livre physique. "Éditions Nimano". Nimano. Anonyme? Bravo.

Mais un papier manuscrit tombe depuis le milieu des pages. Une écriture fébrile au stylo baveux.

Marion a entre les mains le premier livre de quelqu'un. L'original. Ce sera à elle de le contacter.

 

Elle a entre ses mains le destin de quelqu'un. Elle sera la première à le lire après celui ou celle qui l'a écrit, et lu. 20 fois, 50 fois.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 01:00

Dès la première pression des lèvres, tu t’es sentie chez toi.

Le restaurant italien qui faisait des mini-tartines dans la rue: tu as goûté, tu es entrée, tu es restée.

Au magasin de tissu, cette mousseline a effleuré ta bouche, ton nez, tu ne l’a pas quittée de tout l’été.

Cette douche de plage, tu l’as activée sur tes cheveux, c’était froid. Tu as retenté bouche ouverte, tête levée, yeux fermés, tu es restée bien 5 minutes à t’enlever le sel.

Dès la première succion sur ton palais, c’était chez moi.

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 01:00

Ils discutaient de la ville où ils avaient tous les deux vécu, du lycée, des bars, du prénom du plagiste. Toi, pendant ce temps, tu ne voyais pas le temps passer. Tu observaient ses seins, trop pleins pour cette petite tunique rouge. Tu devinais ses tétons qui avaient marché dans la ville toute la journée sans se plaindre. Enfermés, emballés trop serrés dans du tissu travaillé. Il allait falloir les libérer.

 

Alors, oui, ces deux-là s’étaient trouvé un point commun, mais tu avais confiance.

 

Tu attendais patiemment.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 02:00

Ta peau endormie a de vagues reflets rouges. Par la fenêtre, c'est le calme. L'affichage digital du réveil indique 3:59 du matin.

Je t'observe.

Tu rêves peut-être.

C'est figé dans ma tête aussi tu sais. Je sais que je sais tout de toi. A 100% tout est vert, tout est rouge. Je n'ai pas voulu, mais j'ai pris ma décision, pardon.

Dehors, un scooter. Ta peau endormie se crispe. Les vagues rouges que forme la couette se désarticulent, se tordent pour fabriquer un nouveau paysage. Tu te tournes de ton côté. L'affichage digital du réveil indique 4:01 du matin.

Je t'observe.

Je sais déjà que c'est terminé.

Et toi, tu rêves.

Au matin, je te dirai.

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 02:00

C'est la fin de l'été. La fin d'après-midi.

Quand les excitations se posent, qu'on se demande à 19h30 si on va dîner à la maison ou non, et qu'être en communauté est une chance. Certains jouent au foot entre collègues, entre anciens lycéens, entre colocs ou en famille.

Toujours entre hommes.

Ceux qui jouent au foot en famille peuvent être très jeunes ou très vieux. Là, devant, sur le terrain en pente, le très jeune doit avoir quand même 4 ans, le très vieux peut-être seulement 60.

Mais ça joue au foot.

Ca fait des ailes de pigeon gentilles, des petits coups du foulards sur des ballons lents, des extérieurs qui ne décollent pas du sol, des talonnades freinées par l'herbe. Si quelqu'un d'autre voulait venir jouer, un homme, il serait accueilli certainement par un "oui, pourquoi pas" du doyen et par un "on joue doucement par contre", du jeune papa.

Ca a beau jouer doucement, ça cherche la mini-performance, ça veut provoquer les "bien joué" d'un public déjà acquis. Ca veut se souvenir de l'ancien temps. Ca veut prouver qu'on est un grand. Alors forcément, le petit Benjamin, 4 ans, se reçoit un ballon pas si fort que ça en plein visage.

Il tombe sur l'herbe humide. Se recroqueville. Puis il crie, il pleurt. Alors, il y a ce mouvement d'aspiration de tous les joueurs vers un point du terrain: comme vers les vestiaires, quand l'arbitre siffle la mi-temps sur un score nul. Tout le monde se précipite à son chevet comme une seule équipe.

Seul différent: l'auteur du dégagement malheureux s'approche de la victime un peu plus rapidement, avec les deux mains sur la bouche. Benjamin se fait frotter la tête, puis rejoint finalement les femmes un peu plus loin.

A 19h50, il a remis son manteau et donne du pain aux canards.

Le passage à l'âge enfant se fera l'été prochain.

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 01:00

Vacances d'été. Patrice rejoint des amis dans une maison de campagne au Sud. C'est parfait, il va pouvoir parler de son travail. Sur le chemin, en train, il reformule, tente de préparer quelques phrases parfaites. Il veut décrire avec précision et passion ce qu'il fait dans la vie.

La première semaine est passée. Certains repartent déjà, chargent leur voiture. Patrice est abasourdi. Il ne comprend pas. Personne ne lui a encore demandé ce qu'il faisait comme métier. Ce n'est pas faute d'avoir demandé aux amis de ses amis ce que eux faisaient dans la vie. Simplement, personne ne lui a retourné la question.

Il a réussi à discuter d'autres sujets pourtant. Patrice n'est pas isolé. Bien sûr, il avait une opinion sur le réchauffement climatique, la montée de l'extrêmisme. Il a goûté comme tout le monde aux spécialités régionales. On ne peut pas dire qu'il n'ait pas eu de contacts avec les autres, il est en permanence entouré d'une dizaine de personnes.

Patrice ne comprend pas.

Patrice va craquer, il le sent.

Début de la seconde semaine - ou presque. Dimanche midi. Patrice va craquer. Il a engagé la conversation avec son nouveau voisin de table, lui a demandé ce qu'il faisait dans la vie. Nico bosse dans un café, mais il est bassiste. Et Nico ne s'intéresse pas à Patrice. Encore une fois. La fois de trop. Et la discussion roule sur d'autres sujets, les médicaments génériques, les jours fériés religieux.

Patrice craque. Il se lève: "Et bien moi! Pour ceux que ça intéresse! Je suis dans le BTP, okay? Pour ceux que ça intéresse." Dans un silence de plomb, Patrice fond en larme. Il court s'enfermer dans la salle de bain pour pleurer. Ca faisait longtemps.

Depuis le soupirail, il entend ses amis au jardin. Dans l'indifférence générale, on y parle maintenant des espèces protégées, des rencontres sur Internet et du tourisme responsable en Amérique du Sud.

Ce n'est qu'à l'heure de la douche qu'on retrouva Patrice tout pâle, au fond de la baignoire.

 

Image via Alison Scarpulla

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 01:00

C'est quelqu'un qui te dit qu'il n'a pas dormi, parce qu'il a pensé à toi. Il a pensé à toi, et il n'a pas dormi. Il a fait quoi alors? Il s'est posé, il s'est posé des questions, sur toi, sur tout, surtout sur toi. Sur lui aussi. Il a regardé le plafond. Il a pensé à toi et à lui et il n'a pas dormi. Et il te le dit.

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