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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 00:00
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Published by Ugo
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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 00:00

Assis presque à la même place, ils se revoient par couches superposées comme ils étaient il y a 4 ans.

 

Ils tentaient d'avoir l'air détendus. Lui en faisant dodeliner la bouteille de ketchup "Moutarde, Moutarde, hé Moutarde réponds! Bordel, ils t'ont transformée en objet". Elle en riant doucement et en se retenant de se toucher les cheveux, en sortant son portable de temps en temps l'air de rien.

Aujourd'hui, ils sont profondément nerveux et ça se voit. Elle qui évite son regard, accroche son sac à sa chaise, rappelle qu'elle est pressée et met les pieds dans le plat. Lui qui la regarde avec la gravité de celui qui ne peut pas se permettre de sourire, fouille fébrile, soupire dans sa barbe en sortant ses notes de stylo baveux. De temps en temps l'un hausse le ton, l'autre équarquille les yeux, pose sa tasse de thé en se penchant et s'essuie la lèvre inférieure: "Alors LÀ! ..."

 

Détendus en surface hier. Profondément nerveux aujourd'hui. Qu'est-ce qui est le mieux?

Peut-être que c'est la même chose. Peut-être que rien n'a changé.

 

C'est juste qu'ils sont justes à présent.

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 00:00
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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 00:00

J’ai tremblé un peu quand je t’ai pris la main, après ce silence. On voulait pas le combler ce silence, et comme on marchait normalement, bah il fallait bien se lancer. Et après, on dirait qu’on était d’accord pour continuer. Tu t’es emballé, on a tournoyé, on a rebondit contre un banc, je me suis retrouvé dos au mur. C’était un feu aux poudres, un escalade de la violence, un chassé-croisé, un enchevêtrement des relations diplomatiques sans précédent.

Ensuite, tu as retiré tes vêtements. Je t’ai regardé comme un petit garçon.

 

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Tu as tremblé un peu quand tu t’es décidé à prendre ma main, c’était mignon. De mon bras droit, j’ai fait le geste nécessaire pour te soumettre à une force centrifuge. Et t’amener face à moi. De deux lignes droites parallèles, on est passés à un emmêlement incompréhensible. On s’est entrechoqués plusieurs fois, on a touché les bords. Tes voisins nous regardaient sans doute par la fenêtre, on s’en foutait.

Quand je me suis déshabillé, tu avais l’air d’un petit garçon.

 

 

 


Image via defetto on flickr
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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 00:00

"Ah oui? Et quoi comme style de musique?" lui demandait sa nouvelle colocataire, encore en phase de présentation.

Et là, il s'est mis à hurler en Allemand quelque-chose de peu mélodieux mais qui doit être passable avec des instruments autour (également très forts) ainsi que de jeunes gens qui se secouent devant une scène.

"Deutschepunk. That's the kind of music we do." Il a prononcé cette phrase très calmement.

Sa coloc est restée fixe une quinzaine de secondes, sans rien dire, appuyée sur l'encadrement de la porte. Ca ne le dérangeait pas. Lui continuait de parcourir sa chambre en regardant le sol.

En voyant que sa question avait eu une réponse, elle est retournée vers la cuisine sans rien ajouter.

 

Quelques mois plus tard, elle est allée par curiosité le voir en studio. Elle a posé sa sacoche et s'est installée à côté de l'ingénieur du son. Dans les 4 mètres carrés insonorisés dont elle n'entendait rien, le groupe se passionnait un peu trop. Le chanteur (son coloc est bassiste) se touchait les cheveux, paraissait encombré par son corps.

Sans le son, c'est ridicule. Quand ils lui ont demandé si c'était bien, elle a répondu que oui. Elle ne veut pas particulièrement baiser avec ces mecs, elle sait que ce sont des stars à leur échelle et qu'elle n'a aucune chance, mais elle veut au moins avoir l'air cool.

Ca fait partie de son plan.

 

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 00:00
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 00:00

Cette soirée vin et fromages à Rennes. Ce petit-déjeuner à deux Place de Clichy. Ce concert à Wembley. Ce goûter d'anniversaire au Plessis-Pâté. Cet afterwork Retro-Gaming à Amsterdam.

Tu as le fantasme que ces parties de ta vie entrent en collision. Que ces gens différents, ces collègues de branches variées, ces sexes difformes, ces joues, ces Franck, Carine, Jason, craquent les uns contre les autres dans un ralenti dégueulasse.

Et toi au-dessous qui sait ce qui se passera un dizième de seconde plus tard.

Tu as l'impression d'avoir su une demi-seconde auparavant que ton réveil allait sonner.

Il est temps de remonter dans la 6ème partie de ta vie.

 

http://lh4.ggpht.com/-3RPLgIOalFc/Uf-4MmzWc1I/AAAAAAAATco/nG6J-pRPoZo/jeremy%252520olson%2525207%25255B4%25255D.jpg?imgmax=800

 

 


Image source: Jeremy Olson

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 00:00
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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 00:00

On quitte cette ville où les Kase et les Clopinette remplacent les bars et les supérettes. Ces commerces blancs laqués qui anéantissent la vie.

Mais ce soir, on plaisante avec la boulangère, une histoire légère de vocabulaire. Tu as dit Renaissance au lieu de Campaillette. On sourit, elle te rend 65 centimes.

 

On quitte cette ville où on vit sous-terre, où on ne ressort que pour ne pas parler aux gens qu'on ne connaît pas.

Mais ce matin, les piétons, les taxis aux feux rouges, les laveurs de vitre et les colleurs d'affiche semblent fredonner la même comptine que moi.

 

On quitte cette ville où les mentons déclinent quand les jours raccourcissent, où plus il fait gris, plus on s'enferme sous des couleurs ternes.

Mais ce week-end, rayon de soleil, les terrasses s'entassent. Le canal devient rivière. On marche un peu, les ombres sont bien délimitées. Tu sors tes lunettes.

 

On quitte cet endroit, où on ne comprend pas la recrudescence du prix de l'essence. On travaille beaucoup, sans créer de croissance.

Mais là maintenant, on quitte cette ville où on a vécu. On quitte ces parcs où on s'est rencontrés. On quitte ces rues qui nous ont connus.

 

 

On quitte cette ville pour en trouver une autre.

 

 

 

 

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 00:00

Pour la retrouver, tu vas à l'adresse notée sur un morceau de papier la veille. Son écriture.

C'est étrange, ça fait 8 mois que tu habites Paris, mais c'est la première fois que tu vas dans son quartier.

Tu la voies pour la deuxième fois, tu vois la rue Princesse:

 

Ici aussi, on va au Monoprix

Ici aussi, les boulevard s'entrecroisent

Ici aussi, les filles rient la nuit

Ici, maintenant, tu entres dans une phase

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