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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 00:00

Du 29 novembre au 5 décembre prochain, se déroulera à la Porte de Versailles la foire de l'orphelinat et de l'adoption. Un des moyens préférés des français pour s'équiper d'un enfant.

Si vous êtes un enfant seul, c'est également une chance inespérée de trouver une famille. Cependant, les organisateurs recommandent aux jeunes orphelins ayant un physique commun de réserver également un billet de retour dans leur région d'origine. Augustin Triaud, animateur d'un stand d'angle, explique : "les prix de train et d'avion deviennent peu abordables en s'y prenant au dernier moment, alors ces petits malheureux doivent prévoir le coup. Qu'ils mettent toutes les chances de leur côté, au moins une fois dans leur vie".

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 00:00
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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 00:00

Une terrasse du sud de la France et une piscine. Des amis le matin, café, table en plastique, ils ont l'impression d'être un cliché. Un cliché de vacances familiales. Au calme, loin de la ville, mais au mouvement des uns et des autres, des cousins, des amis et des relations de travail. Au son du téléphone et des indications.

"Non, après le rond-point de la gendarmerie, c'est la plus grosse maison sur la droite. Attends, je vous vois passer, c'est une grise ta Lancia, c'est ça?".

Au téléphone du maître de maison, c'est certainement une relation de travail. Les prénoms passent et s'emmêlent depuis quelques jours dans cette maison. Mais, ce nom de famille, tout le monde s'en souviendra. Pas un commun, genre "Delval", "Roussel" ou "Moreau". Pas un abusé, genre "Ducon", "Fumier" ou "Tabite".

Le brief succinct de l'homme d'affaires annoncera un patronyme doucement rigolo : Lapoire. Juste "Lapoire". Monsieur Lapoire quoi. Eric, apparemment. "Eric Lapoire, qui vient avec sa femme". La table en plastique pouffe. Bon.

Ca y est, il arrivent tout droit de leur voiture sur la terrasse. Les pauvres suent, ils sont fripés. Ils serrent des mains, comment vont-ils se présenter ? Un simple "Bonjour" pour Monsieur. Et un sobre "Marie" pour Madame. Cela sent la honte, habituelle, gérée et esquivée de s'apeller "Madame Lapoire".

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Madame Lapoire ! Marie est un phénomène tout doux. Elle n'est ni belle ni moche quoiqu'un peu vieille, ni de gauche ni de droite, ni gentille ni méchante, ni modeste ni prétentieuse. Elle est là, seulement, et tout va bien.

Pendant que son mari, de droite, accepte un café pour faire affaires. Madame Lapoire s'étale sur une malheureuse chaise en plastique. En 4 minutes, toute la terrasse sait que Madame Lapoire est du Pas-de-Calais, mais qu'elle habite avec Eric dans le 77, et puis qu'elle a fait toute la route toute seule, de 1h30 du matin à 10h, que son mari repart à la fin du week-end, mais qu'elle restait dans le sud une semaine et qu'elle va bien se reposer parce que de toutes façons ça fait 2 nuits qu'elle dort pas, et cela fait 7 ans qu'elle n'a pas pris de vacances.

Madame Lapoire ne s'intéresse pourtant pas qu'à elle. Elle ne connaît personne autour de la table en plastique, mais son statut de femme-de-Monsieur-Lapoire-toujours-à-faire-des-affaires-celui-là devrait la sauver de la situation. Madame Lapoire a un certain âge et doit savoir faire connaissance avec des gens dont elle ne connaît rien. Si Monsieur Lapoire a de la bouteille, elle doit avoir de la conversation.

Mais là c'est différent. La dame est épuisée. Il doit y avoir dans un coin de sa tête des velléités de banalités, et pourtant c'est l'essentiel qui transparaît. La carapace s'est effacée avec la fatigue, au fil de la route. Parce que Madame Lapoire a une sorte de conversation intéressante. Un verbe particulier.

Son truc c'est qu'elle pose des questions incohérentes pour passer du monologue au dialogue - des tirades aux répliques :

"Et donc, vous avez beaucoup de route?"

"Vous avez une jolie vue d'ici!"

"Vous avez mis du temps à faire construire la maison?"

"Où habitent vos enfants?"

"Vous restez déjeuner?"

"Ca va vous?"

Madame Lapoire a l'air banale et c'est son secret. Son rapide passage a éclairé la terrasse. Elle est une minimaliste qui s'ignore. Cette explosion de neutralité aura masqué les timides originalités.

Eric est parti. Tout le monde aime et regrette déjà Madame Lapoire.


 


Ce texte fait partie d'une série de 3 textes,

parus sur le blog participatif terra philia.


Visuel de julien ' via flickr.

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 00:00
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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 00:00

Allô ça va ? ... ouais, i'faut qu'on se voie ... faut qu'on s'parle, j'suis amoureux ... mais non pas d'toi, j'suis amoureux, j'suis sérieux ... ouais, une fille qui vient d'quitter son mec ... ouais bah ouais ... j'arrive pas à penser à aut'chose sans déconner ... nan mais ah c'est trop chiant quand j'pense à personne, j'suis tranquille mais ça m'fait chier et quand j'ai quelqu'un en tête c'est encore plus insupportable, tout me, enfin j'veux pas t'parler comme ça ... ouais ... ouais je sais ... je sais tout ça, mais on se voit alors ou pas ? ... nan mais j'veux t'parler en vrai tu vois ... mais nan pas un ciné j'veux pas aller au ciné, j'veux discuter quoi, voir quelqu'un d'autre, j'veux dire te voir toi ... ouais ... ok ... ok bah à toute ... ouais hé oublie pas hein, j'deviens dingue moi hein ... ciao.

Allô ça va ? ... ouais, ça faisait un bout hein ... ah merde, je tombe pas bien alors ... ouais bah dis-moi ouais ... ouais ... et du coup ? ... ah merde, je suis désolé pour toi ... et tu vas bien quand même ? enfin je veux dire, ça faisait combien de temps en fait ? ... ok mais j'étais même pas au courant que, faut dire que c'est pas facile de te suivre hein ? un coup par-ci un ... ouais ... ouais nan mais je comprends ouais ... bon, hé mec tu tiens le coup hein ... ouais ouais ok bah quand tu veux, moi aussi il faut que je te parle d'un truc d'toutes façons ... ouais bah je te dirai ... ce soir ? euh ouais je sais pas ... ok nan mais ok ok, vers quelle heure ? ... ouais ça marche ... attends, elle s'appelle comment ? ... ok ... nan nan rien ... nan rien, bah à ce soir ... ciao.

Ok,
c'est bon. Elle est plus dans mes derniers numéros compos.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 00:00

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 00:00

Errer, c'est beau.

Errer, c'est sain.

 

Quand j'errais, toute la journée dehors, depuis le matin tôt, jusqu'au soir tôt.

A Rennes, le 15 août, peu de commerces ouverts et des bureaux vides.

A Örebro, été 2007, la ligne de chemin de fer et les plantes sauvages.

 

Quand on erre, on a souvent un morceau dans la tête. Il vient pas d'un casque audio ou de quoique ce soit, mais d'un cheminement interne. Un mot souvent, qui est dans les paroles. Et en remontant le fil mâché en solitaire, il y a une reflexion, une chose puis une autre. Et tout au début, il y a un élément extérieur. Quelque-chose de croisé dans la rue.

 

Il y a souvent une idée qui se fait et se défait. Des dictons qui se forment et se déforment. On se dit que désormais on fera d'une Maxime une règle pour toute la vie. Et puis en fait non, parfois on est bien comme ça. L'équilibre serait trop perturbé.

 

Parce que quand on erre, on fait des équations. Des sommes de points positifs et négatifs. Construire ces matrices, ça aide à faire des choix, à condition de jeter les tableaux ensuite. Muscler la capacité à la prise de décision. Mais ne pas se souvenir du résultat, trop cas par cas.

 

P1140257.JPG

Errer, puis revenir.

Revenir, et se souvenir.

Örebro, hiver 2010.

 

Voilà 6 heures qu'on tourne autour du même morceau. Le fredonner en tête, rime par rime, puis vers par vers, puis compléter les trous laborieusement.

 

On se demande entre temps comment il est arrivé. C'est magique, on a bientôt un couplet entier. A passer et repasser sur ce morceau, l'esprit finit par lancer quelques idées dans tous les sens. Et parfois, paf, ce qu'on écoutait depuis 2 ans livre son sens quand on est seul. Et tout est limpide, evidemment. On avait en soi la clé, et sans l'avoir entendu depuis des mois, on a passé un bon moment musical.

 

Alors, ne plus rien formuler.

 

Voilà, c'est ça errer.

 

C'est prendre en photo une femme et son fils sur un banc. Projeter ses reflexions sur l'interaction entre l'Homme et l'Homme sur des herbes hautes. Décider d'une règle de relation entre l'Homme et les choses devant une crêperie fermée. Et comprendre avec effroi Les Wriggles - Petit bonhomme en arrivant à la gare.

 

Et puis, tout abandonner.

 

Errer, c'est beau.

 

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 00:00
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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 00:00

- Un an. Aujourd'hui du coup. Un an quoi.

C'est même pas pour le sexe, ni pour toi d'ailleurs. Mais juste ça me manque tu vois ?

La tendresse quoi. Avoir quelqu'un à qui tenir, quelqu'un qui tienne à toi. Quelqu'un que tu suis et qui tu suis au jour le jour, à qui tu peux raconter ce qui n'a rien de spécial.

Et puis le contact physique. Chercher une chaleur dans le lit et te trouver, tu vois ça, ouais ça ça me manque. 365 soirées où je me cherche le pied gauche avec le pied droit. Et c'est quand même pas pareil.

Ouais. Un an. Ca te fait rien à toi ?

 

- Or, nous y revoilà mais je reste de pierre.

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 00:00

Dans un stade de foot, pendant un match de foot, il y a souvent des supporters. Si c'est un match important, il y a souvent de grands écrans. Et pour les vrais matchs de fous, il y a même des caméras.

 

Supporters + caméras + grands écrans. On l'a tous remarqué devant notre télé. D'un coup, apparaît un supporter soit déguisé, soit triste, soit enfant, soit femme. Il se remarque souvent dans le grand écran du stade. Qu'il supporte ou non l'équipe qui mène, il sursaute tout heureux, il tend le doigt vers l'écran plat, pour montrer à son copain d'à côté que tout le monde les voit en direct.

 


 

By globalite - http://www.flickr.com/photos/globalite/6243522778/, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17192297

 

 

Généralement, ils tiennent pas une seconde dans cette position sans être zappés par le réalisateur. Ce mec doit s'agacer à chaque fois de tant de joie primaire. On imagine l'aigri dans son fauteuil à manettes. Cet instant de gloire lui parait sans doute trop banal, trop populaire. Alors, dégoûté, il passe à la caméra qui filme le ballon de foot de très très près pendant le dégagement aux 6 mètres. Le réalisateur doit espérer intimement que quelques-fois, les supporters ne feront pas ce geste, qu'ils ne se tourneront pas vers l'écran et qu'ils ne feront des grimaces impossibles.

 

Et parfois - très rarement mais parfois quand même - ils ne le font effectivement pas. Ou alors, on n'en est pas sûrs. On croit déceler des fois l'étincelle dans le regard, le supporter s'est peut-être remarqué. Est-il validé dans son esprit que c'est lui sur le grand écran ?

 

Parfois - plus souvent - c'est le voisin qui ne se remarque pas. Cela fait presque une seconde qu'il y en a un qui gesticule. Il indique à l'autre l'événement. Et ce benêt tourne la tête dans tous les sens, réagit à moitié. Et hop, la caméra sur le ballon de très très près.

 

Cet instant où tout bascule. Le changement de caméra entre le quidam, qui a payé sa place à pas-de-prix, et le ballon de foot, star éternelle. Ce switch très coupant porte pour moi une question : le supporter se sera-t-il remarqué sur le grand écran ? Ou restera-t-il sur sa faim ? Incertain ? Baloté ? Peut-être lui dira-t-on qu'il y est passé, mais lui ne s'y verra plus, s'y est-il aperçu ?

 

Cet instant de basculement en pleine incertitude me parait très cruel. La question m'en rapelle d'autres.

Lorsqu'un vieux couple décide de se suicider ensemble, y'a-t-il un laps de temps où l'un sait l'autre éteint ?

Le condamné à mort entendait-il tomber le couperet de la guillotine ?

Et à l'instant où la tour est tombée, Louise savait-elle qu'Allan l'aimait ?

 

 

Vincent Delerm // Allan et Louise

 


Visuel : Curiouser*Curiouser, via flickr

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