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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 01:00

Le 23 avril 1983, [...] Spoerri organise une vaste performance. Un banquet réunit une centaine de personnes, parmi les happy few de l’art contemporain d’alors. Spoerri, fin cuisinier, fait préparer et servir des tripes et divers abats. Au milieu du repas, les plateaux des tables sont emmenés et déposés au fond d’une vaste tranchée, d’une quarantaine de mètres de long, que vient de creuser une pelleteuse. Tout est laissée en place : nappes, assiettes, couverts, verres, bouteilles, plats, vases de fleurs et même objets personnels intentionnellement déposés.

De fait Spoerri a demandé à chaque convive d’apporter ses propres couverts et assiettes, sachant qu’ils resteraient là. Puis on recouvre de terre, d’abord à la pelle, puis à la pelleteuse, l’ensemble du repas, baptisé Déjeuner sous l’Herbe en référence au Déjeuner sur l’Herbe de Manet, lui-même faisant écho au Concert champêtre du Titien (d’abord attribué à Giorgione) – ces deux dernières toiles ne mettent toutefois en scène que quatre personnages, deux hommes vêtus et deux femmes dévêtues, ce qui ne fut pas le cas au château du Montcel, en cet avril frais et pluvieux.

[...]

C’est l’anthropologue Bernard Müller, visionnant en 2008 le film déjà cité de Camille Guichard et Anne Tronche de 1997, qui découvrit l’existence de cette fouille perdue et contacta Daniel Spoerri, lequel donna son assentiment avec enthousiasme. N’annonçait-il pas lui-même en 1997 ce projet, s’il se faisait, comme celui des « premières fouilles de l’art moderne » ? 

 

 

Texte, via: Jean-Paul Demoule

Plus d'infos sur Le déjeuner sous l'herbe: http://dejeunersouslherbe.org/

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 01:00
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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 02:00

Tu passes tes journées à apprendre. Je passe les miennes à essayer de comprendre.

Dormir. Finir aujourd'hui. Aller au lit épuisé. Sa mission accomplie.

Mais tu ne veux pas. Je suis plus fatigué que toi. Je marche de la chambre à la cuisine en traversant le salon. Puis de la cuisine à la chambre. Et encore vers la cuisine. Au rythme de mes pas, tu agrandis la tâche de bave sur mon t-shirt.

Je passe devant le miroir du couloir. Tu es une si petite chose dans mes si petits bras.

Je passe devant le miroir, et je vois tous ceux que j'ai vu avant moi essayer d'endormir un bébé. Je les vois un par un, je rembobine dans l'ordre anti-chronologique. Mon frère, mon ami, mon beau-frère, mon amie, mon cousin, ma tante. Et puis je vois aussi tous ceux que je n'ai pas vu. Mon père, ma grand-mère, sa mère. Un fil nous y lie.

Chacun d'eux avait ces yeux frémissants en face des leurs. Ce souffle irrégulier, qui se hâte parfois. Cette peau délicate. Chacun voyait la dépendance d'un jeune enfant. Chacun mesurait sa responsabilité. Chacun, épuisé, souhaitait qu'il dorme. Pour passer à autre chose. Passer au lendemain. Faire défiler le temps.

Et pourtant, pas de temps à perdre. Ces yeux-là, c'est maintenant.

Ils sont là, fixés dans les miens. Les miens mi-ouverts, mi-cernés. Les tiens très ronds, assoiffés, ceux de ta mère. Nous voilà tous les deux fixes, graves.

Je te dis: "Tu te rends compte qu'elle est belle cette image?" Tu ne dis rien.

Derrière, ta mère dis quelque-chose. On ne l'entend pas.

Passons à demain, tu veux bien?

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 02:00
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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 02:00

Au départ, je trouvais ça bon d'essayer de me débrouiller seul.

Je trouvais ça honteusement bon, de rester dans Paris tout seul.

 

Le chauffeur du taxi s'éloigne. Je lui ai demandé de garder la monnaie. C'était un billet de 50, mais il était sympa. Maintenant, il me reste vraiment plus grand chose. Et je vais devoir m'en séparer. Ca va être chaud.

Deux semaines plus tard, me voilà sur mon matelas à même la rue. Sous ma couverture à trois trous : un pour mon pied droit, un pour mon pied gauche, et un pour ma bite. C'est pour pouvoir pisser sans avoir à se lever. Pour le reste, je suis couvert, j'ai ma dignité.

Quand j'entends les pas des premiers Parisiens de la journée, je leur fais une belle grimace, toute langue dehors. Dommage, ils peuvent pas en profiter, j'ai la tête sous ma couverture et ma montagne de paquets de mouchoirs. 8 maxi packs, c'était pile le bon prix pour me débarrasser de toute ma monnaie, jusqu'au dernier centime.

Pour le reste, je fais avec ce que je trouve en me baladant. Je prends ce que Paris rend. La salade laissée dans les gamelles en polystyrène jaune pâle des kebabs. Parfois du pain dont les pigeons ne veulent pas. Parfois je leur pose pas la question, et je leur vole. Il faut être à l'aise avec ce genre de pratique, c'est sûr.

J'ai aussi trouvé des ciseaux et de la ficelle. Ca c'est ce qu'il y a de mieux, je m'en lasserai jamais. J'enroule un bout de la ficelle à un arbre. Je la tends sur 5 ou 6 mètres. Je suspends une paire de ciseaux à la ficelle par le trou d'un des ciseaux (je sais bien que c'est prévu pour les doigts, mais moi j'y mets la ficelle). Et j'enroule l'autre bout de la ficelle à ma tête. Idéalement au niveau du nez. Le but du jeu, c'est de réussir à couper la ficelle avec les ciseaux, alors qu'ils sont justement suspendus à la ficelle.

Les passants veulent rarement jouer - je les comprends, c'est pas facile - alors c'est souvent moi qui m'y colle. En fait, tout le temps. C'est tout le temps moi qui m'y colle. C'est un jeu complexe. Et pas très durable. A chaque partie, la ficelle est de plus en plus courte. Alors quand j'aurai plus de ficelle, il faudra que Paris en rende une autre. En attendant, les ciseaux serviront pour les cheveux et la barbe.

Qu'il est bon de se débrouiller seul.

Qu'il est honteusement bon de rester dans Paris tout seul.

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 02:00
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 02:00

Les lignes se développent sur la main du fœtus dans l’utérus vers la 12ème semaine après la conception.

Lorsque le fœtus serre ses poings pour la première fois, les lignes de la main se forment au hasard des plis. Cela aide la peau à se répartir harmonieusement dans les mains sans que des paquets se forment.

Un simple geste, un instant, définit la structure de la vie de la personne.

La plupart des gens ont trois lignes plus prononcées sur les paumes de leurs mains. Certains, cependant, n’en ont qu’une seule, et un unique pli palmaire peut être un signe de développement anormal: les bébés atteints du syndrome d’alcoolisation fœtale n’ont souvent qu’une seule ligne.

La prise de main se fait typiquement chez le jeune couple entre la deuxième et la sixième rencontre suivant le premier rendez-vous.

Lorsque le couple se donne la main pour la première fois, les attaches se forment au hasard des prises de doigts. Cela aide les mains à s’accrocher harmonieusement sans que des torsions se créent.

Un simple contact, un instant, définit la structure de la vie du couple.

La plupart des gens prennent les doigts de l’autre (sauf le pouce) entre leur pouce et leurs autres doigts ; l’autre faisant la même chose. Certains, cependant, emmaillotent déjà leurs doigts: comportement fusionnel. D’autres serrent immédiatement leur main tout autour de celle de l’autre, ou encore (en marchant) placent leur main clairement en avant de celle de l’autre: syndrome de directivité. 

 

Source: Elizabeth Howell, Live Science http://www.livescience.com/34542-palm-lines-palmar-creases.html
 

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 01:00
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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 01:00

-Tu savais que dormir une heure de plus le matin, c’est équivalent à un bon steak?
-Quoi?
-Tu savais pas?
-Je savais pas quoi?
-Le matin, si tu dors une heure de plus que d’habitude, c’est l’équivalent d’un bon steak.
-Mais l’équivalent en quoi?
-...
-En protéines?
-Ouais... Peut-être... Je sais pas...
-Ou en gras?
-...
-L’équivalent en gras?
-Je sais pas.
-Bah alors.
-Bah je sais juste que c’est l’équivalent d’un bon steak, c’est tout ce que je sais. Toi tu poses des questions aussi.
-Non mais c’est absurde ton truc, tu te rends compte? L’équivalent d’un bon steak, ça ne veut RIEN dire! Un bon steak, ça t’apporte quoi? Des protéines, du gras, de la satiété.
-Ah c’est peut-être ça.
-Quoi?
-La satiété.
-Ah ouais? ...Et c’est quoi la satiété?
-Enfin, c’est peut-être pas ça.
-Ouais ben on le saura jamais. Et tu penses aux gens qui mangent pas de viande? Ce que ça leur apporte: du dégoût? De la torture?
-Mais eux du coup ils aiment pas dormir une heure de plus le matin.
-Mais! Mais même, c’est DÉBILE ton truc, ça veut dire que si tu dors 7 heures, t’as mangé 7 steaks. Ca a pas de sens.
-Ah non, c’est que pour les heures supplémentaires.
-Oh putain mais j’en peux plus de toi! Je vais te steaker la gueule, ça va t'endormir.
-Ah mais en plus c’est toi qui te plains?
-... Bah... Oui! Pourquoi? Ca devrait être à toi de te plaindre?
-Peut-être!
-...
-Ouais... En tous cas, une bonne engueulade, ça équivaut à... un bon footing.

 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 01:00
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