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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 01:00

C’était une de ces maisons de vacances vastes, bien entretenues. Mais celle-ci était hors-saison. Les chambres se ressemblaient. Blanches. Tout y était blanc: murs, plaintes, cadres vides, tapis. Les seules choses qui dénotent: un sommier et une armoire “bois vernis”, et un dessus de lit à liseret orange.

 

Oui, c’est bien entretenu, et c’est hors-saison. Donc, il n’y a pas de draps, il y a des alèses, et il n’y a pas de couette, il y a des dessus de lit.

 

Il y a quoi, 5 ou 6 chambres. Et nous - nous quatre - on dort dans l’une d’entre elles. Les autres sont vides. Et donc, on serait bien incapables de les distinguer. On la reconnaît car les autres y sont, voilà tout. Cette nuit-là, je me lève d'un de notre vaste lit pour aller pisser, je prends le couloir tout droit, puis à droite, et c’est la porte tout de suite à droite. C’est la nuit, mais il fait déjà jour. C’est pas trop compliqué.

 

Pour revenir, c'est pareil, mais à l’envers: je pars à gauche, tout de suite à gauche, le long couloir tout droit, j’ouvre la porte d’en face. La poignée est encore presque chaude de ma propre main. Mais personne. La chambre est vide. Le lit, le tapis, l’armoire, le dessus de lit repassé.

 

Je deviens fou, je cherche dans toutes les chambres, je reviens sur mes pas, je repasse devant la porte de la salle de bain, et dans la chambre juste après, je retrouve mes amis. Ils sont tous les 3 blottis dans le lit comme s’ils n’avaient pas bougé.

 

Je n’ai pas prononcé un mot, mais ma stupeur réveille l’une d’entre eux - celles aux cheveux rouges courts - puis les deux autres dans la foulée. Je leur explique. Ils me disent qu’ils n’ont absolument pas changé de chambre. Je deviens fou. La fille aux cheveux courts rouges décide de se lever et de me suivre. Les deux autres se rendorment.

 

Elle est nue. Je suis nu. Et les chambres qu’on traverse sont nues. Évidemment. Elle marche devant moi, on passe devant toutes les chambres. On arrive à la chambre au bout du couloir tout droit porte d’en face, j’entre derrière elle, je me retourne pour lui montrer que tout est vide et que ça paraît dingue de penser comme moi qu’on a pu dormir ici. Mais. Elle est où?

 

Elle m’apparaît en flash puis disparaît immédiatement après. Je sors dans le couloir, une silhouette disparaît dans une autre chambre. J’y cours. Plus personne. Je me retourne, personne. Je sors dans le couloir, une porte qui était ouverte est fermée. Je marche doucement, puis brusquement: j’entre.

 

Cette pièce est différente. Plus petite, pas de lit ni d’alèse, Mais quelques cartons fermés, un diable, un bureau nu, un miroir. C’est plutôt une remise, une remise hors-saison.

 

Enfin, il n’y a pas personne. Je vais pour sortir de cette pièce. Mais une fille y apparaît encore une fraction de seconde. Elle ne lui ressemble qu’un peu. Je tente de la faire réapparaître en répétant les positions dans lesquelles je me trouvais, en faisant les mêmes mouvements, en ayant les mêmes pensées. Et là, face à moi, elle est là. Ca y est. J’ai compris.

 

Dans le miroir, timide, elle répète les mêmes mouvements. Ses cheveux sont courts, mais pas rouges. Plus noirs comme les miens. Elle est moins ronde. Ses épaules sont étroites. Ses seins petits. Sa peau très blanche. Cette fille, c’est moi.

 

Je comprends que je suis tout seul dans cette maison trop grande. Le dehors n’existe que pour produire de la lumière pour l’intérieur. Inutile de retourner dans la chambre près de la salle de bain. Ils n’y seront certainement plus. Je croyais être entouré, j’ai traqué comme un fou la moindre présence vivante. Tout ce que j’ai trouvé, c’est cet alter-égo féminin.

 

Je passerai le reste de cette nuit infinie, à la contempler. A me mouvoir avec elle.
 

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 01:00
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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 01:00

Amusant d’être là, devant la photo du Golden Gate, mais en vrai. Je ne prends pas la photo, ni la pose. Mais, j’ai conscience d’être là où beaucoup de gens avant moi ont été. Au même endroit que beaucoup de mes amis, mais après. Là, curieusement, il n’y a personne. Il y a bien 2 silhouettes qui s’approchent et altèrent l’air avec leurs vociférations, mais pour l’instant, je suis tout seul. Là où tout le monde a été.
 

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 01:00
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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 01:00

Aujourd'hui mes parents ont des trucs à faire. Ils me laissent avec tonton. Il me dit qu’on va faire plein de trucs, que je verrai, et que je serai content!


Dans sa voiture, ça sent le sapin magique à la banane et la poussière chaude, mais ça va. Il m’emmène manger une glace au melon comme j’aime. Il me laisse monter à l’avant avec lui. Tonton, il est gentil. C’est mon tonton préféré.
 

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 02:00
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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 02:00

Les silhouettes se massent pour garnir les immeubles parisiens. Moi, je les croise dans les couloirs. Je prends la même ligne, dans l’autre direction. C’est l’aube et je suis fatiguée, je rentre dormir à Courbevoie. Il m’a épuisée.


D’habitude, c’est plus tranquille. Je les déshabille, ils s’allongent. On échange 2 ou 3 banalités, on se rend compte qu’on a pas grand chose en commun, et voilà. On est comme deux inconnus de la rue, mais dans un lit. La suite, c’est fastidieux, mais c’est le travail.


Par contre, celui-là, je sais pas. D’abord, ça m’a énervée ce qu’il m’a dit. Mais il avait payé pour la nuit, alors je suis restée. Ca avait rien à voir avec ce qu’ils disent d’habitude. Lui, il me parlait vraiment de lui. Et il me parlait vraiment de moi. C’est fou comme il parlait de moi. Il parlait de moi si bien. Et lui... Lui, il était tellement bienveillant que ça m’a touchée.


Il voyait bien que ça m’agaçait, que je voulais juste le vider une fois ou deux et rentrer. Je répondais à peine et il continuait. Comme s’il savait que ça me ferait du bien de me souvenir de ses mots. Maintenant. Écrasée contre le strapontin.


Et sa bouche, son dos. Qu’il était beau son dos quand il dormait.


Une silhouette, c’est important, c’est un individu.

 

Cet individu.

 

source image: Wayne Levin

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 01:00
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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 01:00

Ils discutaient de la ville où ils avaient tous les deux vécu, du lycée, des bars, du prénom de la kiosquière. Toi, pendant ce temps, tu ne voyais pas le temps passer. Tu observais ses seins, trop pleins pour cette petite tunique rouge. Tu devinais ses tétons qui avaient marché dans la ville toute la journée sans se plaindre. Enfermés, emballés trop serrés dans du tissu travaillé. Il allait falloir les libérer.

 

Alors, oui, ces deux-là s’étaient trouvé un point commun, mais tu avais confiance.

 

Tu attendais.

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 01:00
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